Au Mont-Liban et en Bekaa occidentale, l’effondrement économique 7 mois après l’explosion du port de la capitale expose les adolescentes libanaises et syriennes à la déscolarisation, aux violences physiques et psychologiques, aux mariages d’enfants, à l’exploitation et à l’insécurité alimentaire.

Le constat dressé ces derniers mois au Liban par l’ONG Plan International est dramatique. Il ressort notamment d’une enquête réalisée entre le 16 et le 29 décembre dernier, auprès de 341 parents et 256 adolescent·e·s. Le but ? Évaluer les besoins en matière d’éducation et de protection des réfugié·e·s syrien·ne·s et des familles libanaises en situation de vulnérabilité qui vivent en Bekaa occidentale (au centre du Liban, à 60 km de Beyrouth) et au Mont Liban (centre-ouest du Liban, à 20 km de la capitale Beyrouth) en plein contexte d’effondrement économique, de pandémie de Covid-19 et d’explosion du port de Beyrouth en août 2020.

« Au quotidien, nous voyons de plus en plus de gens se battre pour de la nourriture dans les supermarchés. Les aliments essentiels, comme le lait en poudre et les médicaments, sont fréquemment épuisés, ce qui menace la santé des enfants et des plus fragiles. Cette situation dramatique risque d’empirer », témoigne Colin Lee, directeur régional de Plan International au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

« Cette crise au Liban et ses conséquences sur le bien-être des enfants nous inquiètent fortement. Ils ont traversé tant d’épreuves en deux ans avec la fermeture complète des écoles, les confinements, la dégradation économique et l’inquiétude de leurs familles. Sans oublier l’explosion de Beyrouth » rappelle Riwa Maktabi, chargée de programmes à Plan International Liban.

Fatmeh, 45 ans, réfugiée syrienne. Elle vit à Beyrouth avec son mari et ses 10 enfants. Seuls 3 d’entre eux vont encore à l’école.
« Avant, les enfants allaient à l’école en bus, mais les frais de transports montent jusqu’à 40,000 Livres Libanaises chacun (soit 26 USD). Aujourd’hui, je n’ai plus suffisamment d’argent pour régler les frais de scolarité de 3 de mes enfants. Comment vais-je payer leur nourriture, leurs vêtements, leurs livres, leur matériel scolaire et leurs frais de transport ? Je ne peux tout simplement plus ».

Notes aux rédactions : 

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